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Rester Vivant

director LUIS LETAILLEUR (2022)

cast: VICTORIA EBER, ARNOLD MENSAH

writers LUIS LETAILLEUR, LOANE TRAN

production LUMIÈRE MATIÈRE

location ROUEN

format NARRATIVE

Rester Vivant

DESCRIPTION

Rester Vivant est un court-métrage de trente minutes réalisé par Luis Letailleur, tourné à Rouen sur une semaine, en novembre 2021.

C’est l’histoire d’Alex, un jeune professeur de yoga du rire qui tente de promouvoir le bien-être et de transmettre de la joie aux autres. Parallèlement, sa relation avec Alma révèle une souffrance de plus en plus profonde. Le film suit la dérive intime d’un couple pris dans une mécanique où l’amour, la violence et le besoin de sauver l’autre se confondent. Derrière l’apparente légèreté du rire, une tension sourde s’installe, jusqu’à conduire Alex à un choix décisif pour tenter, simplement, de rester vivant.

Pour construire l’univers du film, nous nous sommes nourris de références diverses, traversées par la figure du malaise intérieur. Des films comme Eraserhead, Eyes Wide Shut, Shame ou Profession Reporter ont nourri la trajectoire d’Alex : un homme perdu, en mouvement constant, au regard fuyant, dont le corps et le costume racontent autant que les mots. La sensibilité à fleur de peau des personnages de Habla con Ella ou de Photo Obsession a profondément influencé notre manière de filmer l’émotion, toujours proche de l’effondrement. Cette construction est également alimentée par les photos de Raymond Depardon à Glasgow ou New-York. La Piel que Habito, Les Amants du Pont-Neuf, Only God Forgives et Mauvais Sang ont guidé notre approche de la couleur, de la nuit et du rythme, avec cette idée d’un monde qui cache ses violences sous une esthétique maîtrisée. Toutes ces influences convergent vers une même intention : créer une image habitée, instable, où la mise en scène et la lumière deviennent le reflet direct de l’état psychique du personnage.

Le film se tourne sur sept jours, majoritairement en intérieur, au Centre Hospitalier de Rouen, qui met à notre disposition une aile entièrement désaffectée. Mathilde Fanet, cheffe décoratrice, et son équipe y construisent l’ensemble des décors. Ce dispositif nous permet de réfléchir en amont à chaque choix : couleurs des murs, présence du rouge dans certaines tonalités, équilibre des volumes, sélection des accessoires. Le travail de Mathilde nous offre un espace rouge, dense et oppressant où le film se fixe dans une matière tangible, en dialogue avec les personnages.

L’équipe machinerie dirigée par Pierre Frink et lumière dirigée par Antoine Pous met en place un important travail de prélight, avec un grille au plafond dans chaque décor. L’objectif est de libérer les espaces de la contrainte technique et d’offrir à Luis la possibilité de tourner dans tous les axes, d’obtenir une grande liberté de mise en scène et une créativité étendue. Nous pouvons répéter dans le décor entièrement fondu dans la lumière narrative et construire ainsi dans l'espace.

Lors des essais caméra, nous avons en main deux caméra, une Sony F55 et une Alexa Plus. Compte tenu de la volonté de Luis d’obtenir une image très lookée mais organique, et de l’utilisation importante de sources tungstène, l’Alexa s’impose naturellement. Pourtant plus âgée et bien moins résolue (à peine2K), son rendu plus doux nous semblent justes pour le film. Associée aux Zeiss Standard Speed, elle offre une image lumineuse, un contraste global, affirmé avec de longues nuances, et une grande variété de teintes sous le tungstène, qui nous convainc.

L’idée était de faire vibrer l’image, de la laisser souffrir avec les personnages. Nous avons privilégié des cadres très composés, souvent fixes, qui s’installent dans la durée, comme des tableaux, afin de laisser exister les silences, les regards et les tensions. La lumière, essentiellement intérieure et contenue, participe à cette sensation d’enfermement progressif, jusqu’à devenir presque étouffante.

Je remercie Eye Light pour leur accompagnement tout au long du projet, en pré-production comme au tournage, ainsi que Maluna Lighting pour leur soutien logistique et matériel. Merci également à Olivier Martin pour son appui précieux, tant humain que technique, qui a permis la mise en place de grilles ajustables libérant entièrement les décors. Enfin, un remerciement particulier à mon équipe : Antoine Pous à la lumière pour sa réactivité et son sens du détail, et Pierre Frink à la machinerie pour sa douceur et son inventivité.

SHOT ON WHAT ? TECHNICAL DETAIL

camera: ALEXA PLUS

lens: ZEISS SUPER SPEED

filters: Glimmer Glass

key-light: ledzep 30x30, ARRI MAX

CREW

Rester Vivant (ROUEN)

director: LUIS LETAILLEUR (2022)

production: LUMIÈRE MATIÈRE

décoration MATHILDE FANET

producteur CLARA BEST

directeur de la photographie: THOMAS CAZOTTES

1 AC: ARTHUR BARTOLI

2 AC: GUSTAVE PUJERVIE

renfort caméra: JULIEN FLÉCHELLE

chef électricien: ANTOINE POUS

électricien: ALEXANDREALEXANDRE HOAREAU, MARIUS HELLOT, BASILE MARION, JOSEPH MAUR

chef machinsite: PIERRE FRINK

montage: LUIS LETAILLEUR

étolonage: THOMAS CAZOTTES

financement: BOURSE PREMIER FILM COURT DE NORMANDIE, BOURSE ART VISUEL DE SEINE MARITIME, CLAIRE CAILLAT-ROSEVEGUE

remerciment : EYE-LITE, MALUNA LIGHTING, OLIVIER MARTIN, CHRISTOPHE DUROYAUME